Du fait de la progression inquiétante de l’épidémie de rougeole, la France a de nouveau choisi la vaccination contre la rougeole comme priorité 2011 : 600 cas de rougeoles déclarés à l’InVS en 2008, 1 500 en 2009, plus de 5 000 cas en 2010 et 3 749 cas notifiés sur les deux seuls premiers mois de l’année 2011. La France en tête des pays particulièrement concernés par l’épidémie de rougeole, avec la Bulgarie, l’Irlande et l’Italie : un podium sur lequel aucun ne voudrait figurer. La réalité est néanmoins là !
La moitié sud de l’hexagone est plus particulièrement touchée par cette recrudescence. Cette épidémie est la conséquence d’un niveau insuffisant de couverture vaccinale. Il conviendrait qu’elle soit égale ou supérieure à 95 % avec deux doses de vaccin ; or 82 % des personnes ayant eu la rougeole en 2010 n’étaient pas vaccinées et 13 % n’avaient reçu qu’une dose de vaccin.
Les adolescents et les jeunes adultes sont les plus touchés
Cette infection ne touche pas que les enfants ; elle atteint aujourd’hui les bébés (moins de 1 an) et les jeunes adultes : en 2010, plus de la moitié des malades avait plus de 14 ans. Cette maladie, considérée encore à tort comme bénigne, peut avoir des conséquences graves : pneumonies et encéphalites (avec handicap irréversible), pouvant conduire à des hospitalisations (1 cas sur 3 en 2010), voire des décès. Au 22 mars 2011 le nombre de cas avec complications neurologiques hospitalisées est aussi élevé que celui enregistré pour toute l’année 2010. Début 2011, on constatait huit encéphalites déclarées en moins de trois mois !
Se protéger et protéger les autres
La seule solution pour interrompre cette épidémie est pourtant simple : la vaccination avec deux doses, pour les personnes âgées de 1 à 31 ans. De manière générale, la vaccination est un moyen de prévention essentiel contre de nombreuses maladies infectieuses : plus de trois millions de personnes sont sauvées chaque année grâce à la vaccination ! L’'arrêt de la transmission, voire l'élimination de certaines maladies est possible si chacun recourt à l'acte vaccinal pour se protéger et pour protéger les autres, enfants et adultes. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant, il saura vous conseiller.